Je venais de boucler la dernière valise. Cinq en tout. Pour deux mois. J'étais pressé de partir. La scène me manquait, un peu. Nous serions de retour pour Noël. Devrait s'en suivre ensuite un mois de vacances vraiment mérité. Comme à chacun de nos départs, Andreas était présent. Il avait bien du courage de se lever aussi tôt rien que pour nous. En effet, il était à peine 6h et le soleil ne s'était pas encore levé. Je n'aimais pas partir dans la nuit. J'avais toujours cette impression de fuire comme un voleur. Lili ne l'avait pas accompagné. Il fallait s'en douter. Nous étions en pleine semaine. Un mardi, pour être précis. Elle préférait surement aller en cours ou dormir quelques heures de plus plutot que venir ici. Ce qui était assez compréhensible. J'étais quand même triste de partir sans lui avoir dit au revoir et sachant que nous étions fachés. Qu'elle était fachée contre moi.
Je rejoignais tout le monde dans la cuisine. David, notre manager, s'était joind à nous pour prendre le petit déjeuner, ainsi qu'Andréas. L'atmosphère était détendue. J'en oubliais même que dans deux heures à peine, nous serions partis. J'étais bien. Ou presque. Il manquait la présence de Lili. Qui se serait surement assise à côté d'Andréas ou près de Gustav. Oui, près de Gustav. Ils étaient assez proches à ce que j'avais entendu. J'étais jaloux. Un peu trop même. J'avais constament peur qu'elle m'oublie ou qu'elle préfère Gustav. Ce dernier m'avait dit de ne pas m'en faire. Alors, c'est que j'essayais d'appliquer. M'en faire le moins possible.
L'heure tournait et le départ approchait. En allant sur le balcon, j'avais vu les deux vans qui nous attendaient au pied de l'immeuble. Deux gardes du corps étaient montés pour prendre nos valises. Je les regardais faire des allées venus dans la rue. Il faisait froid en ce matin de Novembre. J'étais dehors, en T-shirt. Mais je ne sentais rien. Si ce n'est mon coeur qui se serrait. Elle ne viendrait pas. J'en étais maintenant sur. Andreas, m'avait rejoind et posé une veste sur les épaules. C'est ce que j'aimais chez lui. Il sentait les choses. Il avait senti que je n'allait pas très bien et était venu me remonter le moral. Je le remerciais et remerciais une quelconque force surhumaine de me l'avoir envoyé et d'en avoir fait mon meillleur ami.
Nous descendions tous ensemble dans le hall du batiment. Je serrais mon meilleur ami dans mes bras et montais dans le van rapidement. Direction, l'aéroport. Nous partions en France, promouvoir notre troisième album. Je collais ma tête à la vitre et le van démarra. Le paysage défillait sous mes yeux et le trajet me parrut durer des heures. En descendant, nous fumes accueillis par une centaine de fans. Nous nous sommes arrêtés pour signer quelques autographes. J'aimais les bains de foule. Mais pas aujourd'hui. Pas celui-là. Cependant, je souriais. Je ne voulais pas décevoir les fans et que les gens se disent que, Bill Kaulitz, le chanteur de Tokio Hotel, se lassait de son métier et tirait la tronche. Nous sommes rentrés dans l'aéroport et avons présenté nos billets. Nous avons été contrôlés. J'aimais me faire contrôler. Je me prenais à croire que j'étais l'un de ses héros de films policiers américains. Je trouvais ça amusant. Nous devions ensuite patienter une dizaine de minutes dans la salle d'embarquement où ici, les murs n'étaient que de verre. Je me colais à la vitre et regardais les gens s'agiter. Un homme d'affaire enrageait contre son portable. Tandis qu'une jeune femme essayait de garder un troupeau de gosses groupé autour d'elle. Une petite blonde courait, l'air paniqué. Je fronçais les sourcils, intrigué. Elle se dirigeait vers notre salle d'embarquement. Plus elle approchait, plus mon coeur battait vite. Comme si c'était moi qui courrait à sa place. Les traits de son visage me parraissaient de plus en plus précis. Elle avait, aparament, envie d'entrer dans la salle. C'était interdit. Tout comme nous pour qui il était interdit d'en sortir.
Lorsqu'elle fut à moins d'un mètre de moi, mon coeur rata un batement. C'était elle. Elle était là, devant moi. Essouflée. Juste un morceau de verre qui nous séparait, m'empéchait de la toucher. Elle se colla timidement à la vitre et posa ses deux petite mains à plat contre celle-ci. Je fis la même chose. Je pouvais presque sentir la sensation de sa peau contre la mienne tellement j'en avais envie. Elle me sourit. Je fis de même. Elle ferma les yeux cinq secondes. Je vis deux, trois larmes en dégringoler. Mon sourire s'effaça. Elle pleurait à cause de moi. Je m'en voulais. Je m'en voulais de partir. Je me trouvais terriblement égoïste. Elle réouvrit les yeux et je lui souris de nouveau. Le monde n'existait plus. Juste ses yeux bleus. Ses yeux d'un bleu trop profond. D'un bleu où j'aurais aimé me noyer.
J'entendis Tom arriver dans mon dos et me dire que nous devions partir. Lili lui sourit et reposa son attention sur moi. Je lis sur ses lêvres un “Vas y”. Mon frère m'attrapa par le bras et me fit me retourner. Je le suivis inconsciemment. Mon cerveau toujours concentré sur ses deux grands yeux bleus marine. Je me retournais une dernière fois, d'où elle pouvait encore me voir. Elle releva la tête et je vis ses yeux rougis. Elle pleurait. Je levais mes mains pour former un coeur de mes doigts. Je voulais qu'elle comprenne. Qu'elle comprenne que je pensais à elle et que j'y tenais, fort. Très fort.
J'aimais la sensation que cela faisait dans mon ventre lorsque les roues de l'avions touchaient la piste d'atterissage. Tout le contraire de mon frère qui lui se faisait un plaisir de m'abimer un bras, à chaque fois. Cela me faisait rire sa peur panique des avions, pendant le décolage ou l'aterrisage. Nous descendions de cet engin qui faisait un bouquant pas possible pour rejoindre notre van. Nous fumes aussi bien accueillis qu'en Allemangne et nous nous prétions au jeu des autographes. J'étais un peu plus entousiaste que ce matin. Savoir que Lili ne m'en voulait plus m'avait redonné le sourire même si j'étais toujours contrarié de la manière dont on s'était quitté. En y repensant, la scène était un peu trop dramatique.
Nous reprenions la route pour nous rendre à une conference de presse donnée en l'honneur de la sortie du nouvel album. Les questions s'enchainaient et le temps passait à une allure impressionante. A 20h tappante, nous étions repartis en direction des locaux d'une émission française. Nous sommes restés un bout de temps dans les coulisses. Près de deux heures. J'étais stressé. J'avais peur que notre nouvelle chanson ne plaise pas au public. De plus, c'était du live et la première fois que nous faisions ce morceaux. J'eus une montée d'adrénaline quand j'entendis toutes ses filles crier nos noms. Gustav donna le départ en entrechocant ses baguettes et ça commença. Tout s'enchainait. Chaque mot, chaque note de musique défillait. Et moi, je donnais. Je donnais ce que j'avais. Cet amour pour la musique. Je chantais pour elle. En espérant qu'elle ne pleurait plus. Nous fumes applaudis. C'était beau. La plus belle récompense pour un artiste.
Nous sommes rentrés à l'hotel où le nombre de filles était plus réduit. Seules les plus courageuses étaient restées. Nous avons fait quelques photos et sommes montés chacun dans notre chambre. Je m'empressais de passer sous la douche pour pouvoir dormir en paix. Je m'allongais dans mon lit et tournais la tête vers le réveil qui indiquait 23h. Mon regard se posa sur mon portable posé à côté. J'eus une soudaine envie de l'appeler. Je composais le numéro et mis du temps avant d'appuyer sur la touche verte.
“ Allo? répondit une voix endormie
- C'est Bill! Je te réveille là, non?
- Oui, mais c'est pas grave. Ca va? Tu as fait bon voyage?
- Oui et toi ça va mieux?
- Oui, oui. T'inquiètes. Je t'ai vu à la télé...
- Comment ça se fait?
- C'est mon père. Il voulait absoluement des chaines françaises.
- T'as trouvé ça comment?
- Bien. C'est con mais j'en ai même pleuré, dit elle dans un rire nerveux
- Oh non Lili! J'aime pas quand tu pleures.
- Désolé. répondit elle en étoufant un sanglot
Je soupirais. Agacé. Elle n'allait pas mieux.
- Pourquoi tu pleures Lili?
- Pour rien. C'est stupide. Tu me manques, c'est tout.
- Toi aussi, Lili. Toi aussi. Je vais te laisser te reposer. Et je t'en supplie, ne pleures plus. Ca va aller. Appelles moi quand ça va pas, hein?
- D'accord, dit elle en reniflant. Merci Bill.
- De rien. Bonne nuit, fais de beaux rêves.
- Toi aussi.”
Je raccrochais et me levais pour me poster devant la fenêtre. J'avais envie de pleurer. J'essayais de me controler si bien que le noeud qui se formait dans ma gorge me faisait mal. J'entendis la porte s'ouvrir et la lumière du couloir éclairer la pièce plongée dans le noir, puis se refermer doucement. Sans me retourner je savais que c'était Tom. Je courrais me blottir dans ses bras. Il dut être surpris mais posa ses mains dans mon dos. Et moi, j'éclatais en sanglots, fatigué de ce trop plein d'émotions et de sentiments. Mon jumeau me fit m'assoir sur le lit et me chuchotait des mots réconfortants à l'oreille en me berçant. Je me calmais peu à peu.
“ Ca va? me questionna mon frère
- J'hochais la tête simplement.
- Qu'est-ce qui ne va pas Bill?
- J'ai eu Lili au téléphone et ça m'a fait de la peine de la savoir si triste.
Il soupirait mais souriait en même temps. Je ne comprenais pas trop pourquoi.
- T'es amoureux, c'est ça?
Je ne répondis rien et baissai la tête, simplement. Je rougis. Voilà. C'était ça. J'étais amoureux. Et c'était peu de le dire...
- Ouais. C'est bien ce que je pensais. T'es amoureux...”
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Je l'aime ce chapitre. J'espère que vous aussi.
Perso, c'est mon préféré et j'en suis vraiment fière.
J'ai du le relire une bonne dizaine de fois! XD
J'attends vos avis bien sur.
Et les commentaires avec des critiques constructives, c'est bien aussi...^^
Ce week end, c'est matage de DVD des TH avec ma Lucette.
Du délire...
Ah et puis, si vous pouviez signer ici...
Pix: La première fois que j'ai vu cette phot, j'ai cru que
j'allais faire une crise cardiaque...
Gros, très gros coup de coeur...
Perso, c'est mon préféré et j'en suis vraiment fière.
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Du délire...
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Gros, très gros coup de coeur...
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