Ce n'était pas elle.
Il y avait cette fille minuscule, compressée par toutes ces fans en furie. Ses boucles blondes brillaient au soleil qui nous enveloppait dans une douce chaleur. La musique affluait dans mes veines et je n'avais d'yeux que pour elle. Elle portait une robe blanche. Comme celle qu'elle portait la première fois où je l'ai vu. Elle avait de grands yeux dont je ne saurais dire la couleur. J'étais trop loin pour le voir. Mais elle était plantée là, immobile, à nous observer dans les moindres détails. Cela me génait presque. Mais j'étais tellement persuadé que c'était elle, que je ne savais détacher mes yeux d'elle.
Ce n'était pas elle.
Le plus dur était de continuer le show. Petit show, certes. Ne laisser paraitre aucun sentiment. Faire comme si de rien était. Jouer sur scène. Si j'en avais eu la possibilité, je me serais assis et j'aurais continuer mon observation pour savoir si c'était vraiment elle. Parce qu'elle avait beau lui ressembler. Elle avait beau avoir la même robe, les mêmes cheveux, la même taille, le même visage, je ne ressentais pas la même chose qu'à la normale. Lorsque Lili posait ses yeux sur moi, je ressentais, je vivais, je m'impréniais de sa douceur. Alors que là, je ne ressentais que de la gène.
Ce n'était pas elle.
Trois chansons. Trois putain de chansons. Jamais chanter ne m'avait parru si peu... naturel. Même lorsque je faisais du playback, cela semblait moins faux. Cette fille que je croyais connaitre arrivait à me démunir à plus de dix mètres de moi. Comment cela était t-il possible? Lili m'avait-elle rendu aussi vulnérable que ça? Oui, j'étais vulnérable. Parce que Lili, c'était devenu l'un de mes points faibles, et peut être le plus important en ce moment.
Ce n'était pas elle.
J'avais l'impression d'être spectateur de la scène, de mon corps, de tout. J'avais l'horrible impression d'être dans le brouillard, dans un rêve. Que mon corps était bien sur cette scène, en France, devant Lili ou son sosie, et pourtant mon esprit était ailleurs. Je ne me l'expliquais pas, et je ne l'expliquerais probablement jamais. Je ressentais juste la chaleur de cette journée d'été, et les pulsations de la baterie en osmose avec les battements de mon coeur.
Ce n'était pas elle.
Lorsque nous avons du sortir de scène, ce fut comme un soulagement. J'avais à la fois envie de rester pour avoir la certitude que c'était bien elle, et je voulais me coucher et attendre le lendemain matin rien que pour me dire que nous serions un autre jour et que, forcément, ça se passerait différemment. Je voulais juste oublier. Oublier. Oublier. Oublier. Oublier.
Ce n'était pas elle.
Nous étions dans les coulisses et jamais l'impression de tourner en rond comme un lion en cage ne m'est apparu plus vrai. Je répétais toujours et inlassablement la même phrase. Il fallait que je sache. Le doute me rongeait. Heureusement pour moi, les garçons n'étaient pas entre ces quatres murs oppressants. Qu'auraient-ils pensé de moi? Je ne sais pas. Ils me prendraient surement pour un fou. Et ils auraient raison. Je devenais fou. Je devenais fou d'amour et j'allais finir par en crever. Je sentis les larmes noyer mes yeux. J'avais les nefs en pelotte de laine dont je ne trouvais pas le bout. J'allais finir par craquer.
Ce n'était pas elle.
J'avais espéré que ce soit elle. Oh Dieu seul sait combien je l'ai espéré. Mais au fond, je savais. Je savais que ce n'était pas elle. Voilà pourquoi j'étais au bord des larmes. La déception. Putain ce que ça pouvait faire mal! Je traversais un couloir, pommé comme jamais. Les larmes rendaient ma vue floux et je sentais mon corps s'affaisser sous le poids de la chaleur. Je tournais la tête dans toutes les directions sans savoir où aller.
Ce n'était pas elle.
Je ne saurais dire si c'était notre lien de jumeau ou si ce sont mes brides de phrases que je persevais comme un murmure mais qui en réalité était un cri de détresse. Mais il m'est apparu comme une bouée de sauvetage. Il courrait dans le couloir jusqu'à ma rencontre et me pris par les épaules. Et il m'observa. Je jonglais de sa pupille droite à sa pupille gauche. Pour y chercher du réconfort.
“ Elle était là, hein? Tu l'as vu toi aussi? Dans le public! Elle... elle avait un robe blanche! C'était elle, hein Tom? Hein que c'était-elle?
Il en suffisait de peu pour que les larmes franchissent la barière de mes yeux. Ce fut son soupire d'inquiètude. J'éclatai en sanglots et il m'ouvrit ses bras. Rien ne pouvait être plus réconfortant que les bras de mon jumeau. J'enroulais une de ses dreads autour de mes doigts, comme lorsque j'était plus jeune.
- C'est vrai qu'elle lui ressemblait beaucoup Bill. Mais ce n'était pas. Et tu le sais... Me chuchota t-il à l'oreille
- Je deviends fou Tom. Je... je sais pas ce qui m'arrive. Je crois que je suis en train de devenir complètement dingue. Aide moi! Dis-je dans un sanglot
- Chut!! Calme toi Bill... Calme toi...”
Je me calmais au rythme de sa douce main qui faisait des allés retours dans mon dos. J'avais besoin de lui plus que jamais et il le savait. Tom, c'était celui qui ne m'avait jamais déçu. Et il ne me décevrais jamais...
Ce n'était pas elle.
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Chapitre 23.
Pas très long, certes. Mais moi, je le trouve lourd en émotion.
Je me suis émue toute seule en le relisant... xD
En tout cas, j'espère qu'il vous plaira!
Je suis en vacances!
Ca fait du bien!!
Je pense que pendant les deux semaines à venir,
les mises à jour seront plus fréquentes.
Ne tiends qu'à vous d'avoir plusieurs chapitres, aussi!
En tout cas, j'en ai un en réserve là... =P
Bon courage pour celles qui reprennent les cours!
Et bonnes vacances pour les autres! =D
Pauline, qui vous aime fort!


