Chapitre 28

Chapitre 28





Je claquai la porte d'entrée plus fort que je ne l'aurais voulu. En fait, ça faisait un bien fou. Mais ce qui me faisait surtout peur, c'est le fait que cela fasse du bruit et donc que ça attire l'attention de mes colocataires. Je n'avais aucunement envie de les croiser sous peine de devoir fournir des explications que je ne voulais pas donner. En fait, je voulais juste que le monde entier m'oublie et que l'on me foute la paix. Un claquement de porte encore. Ma chambre, cette fois. J'enlevai ma veste et mes chaussures rageusement et allumai ma chaine hifi à fond. Heureusement, l'appartement était insonorisé. Je restai planté là, comme un con, à laisser cette musique de bourin détruire mes tympas. Vraiment, il y avait des fois où je ne me comprenais plus. Je coupai finalement ce son qui me donnait mal à la tête plus qu'autre chose. Tout allait de travers aujourd'hui. Je me laissai tomber sur le lit, épuisé par la chaleur. C'était étouffant. Je n'arrivais même pas à rester en place. Pris d'une envie soudaine, je me dirrigeai vers la salle de bain comme une automate. Je me déshabillai et glissai sous l'eau froide. C'était bon. Je fermai les yeux très fortes pour chasser toutes ces pensées naissantes. Ne pas pleurer. Ne pas pleurer. C'est ce que je me répétai inlassablement. Visiblement, cela donnait l'effet inverse. Toutes ces images défilaient dans ma tête. Chaque mot. Chaque pleur. J'éclatai en sanglots et me laissai glisser contre la paroie de carrelage froid. Je me sentai vidé de toutes mes forces. C'était une histoire de fou. Comment pouvait t-on en venir à se détester autant? Je ne sais pas. J'essayais d'imaginer quel pouvait être son état pendant que je chialai, nu, sous une douche froide. J'espérai qu'elle souffre autant que moi je pouvais souffrir. Je voulais qu'elle ait mal autant que je puisse avoir mal. Je coupai l'eau, arrêtant mes pleurs en même temps. Je sortis de la douche et enroulai une serviette autour de ma taille. Je me posai devant la glace et baissai les yeux. Même mon reflet, je ne le supportais plus. En fait, je ne me supportais plus moi-même. C'était la dérive. Je prenai un coton que j'imbibai de lotion et frottai mes yeux avec. Ca piquait. J'avais mis trop de produit. Mes gestes étaient lents et démunis de puissance. J'étais comme un robo. Je sortis de la pièce et rentrai dans ma chambre. J'enfilai un boxer et un jean tout troué. J'ouvris la fenêtre et me laissai tomber juste dessous. Je regardais le parquet briller à la lueur du soleil. Combien de temps suis-je resté là, les yeux rivés sur ces planches de bois? Une heure. Peut être deux. Je ne pensais à rien. J'observais juste les courbes du bois. Jétais dans une sorte de létargie. Jusqu'à ce que j'entende quelqu'un entrer dans ma chambre. Toujours tête baissée, je vis des pieds identiques aux miens. Tom. Je l'avais senti. Il s'assit à côté de moi et laissa glisser ses doigts dans mes cheveux.
“ Lili m'a appelé... Elle m'a raconté ce qui s'est passé. Heureusement qu'elle me la dit parce que, visiblement, ce n'était pas toi qui allait me raconter.”
Je sentis du reproche dans sa voix. De toute manière, comment aurait-il pu comprendre? Lui qui n'est jamais tombé amoureux d'une fille, lui qui n'en a pas même aimé une...
“ Elle est perdue Bill tu sais... Cest bien que tu lui ais dit tout ce que tu avais sur le coeur! On peut pas laisser s'acculumer la rancoeur, c'est mauvais. Mais je crois qu'elle ne comprend pas que tu puisses aller aussi mal! Il faut que tu lui dises pourquoi tu ressens tout ça! Il faut que tu lui dises que tu l'aimes. Parce que je pense pas que c'est elle qui comprendra. Elle est un peu naïve et aveugle Lili, parfois. Et c'est peut être ça aussi qui fait son charme, je sais pas... Mais dis lui Bill! Dis lui avant qu'il ne soit trop tard. Parce que c'est pas après que son avion ait décollé que tu pourras lui dire! Je sais que c'est dur Bill... Enfin non... je sais pas. Mais j'essaye d'imaginer. Alors, je veux bien te soutenir et te donner des idées, mais tout dépend de toi.”
Je ne répondis rien. Qu'aurais-je pu répondre? Il avait raison, je le savais. Mais je n'avais pas la force de parler et de me justifier.
“ Et puis ne crois pas qu'elle s'en fou de ce qui s'est passé! Moi je sais que c'est pas le cas. Tu sais Bill, je pense que Lili c'est vraiment la fille qu'il te faut. Aussi bien à Bill Kaulitz, qu'à Bill de Tokio Hotel. Elle est belle, intelligente, patiente, sensible et discrète... Vous iriez bien ensemble, vraiment... Mais il y a un moment où il faut savoir se jeter à l'eau. Arrête d'être sur la retenue, laisse toi aller. Lache prise...”
Je laissai tomber ma tête sur son épaule. Lacher prise. Mais c'est si dur de mettre son âme à nu! Plus que son corps. Non vraiment Tom, même avec les plus grands efforts du monde, ne pouvait pas comprendre. Et ça m'attristait encore plus que même mon jumeau ne me comprenne plus.
“ Et ne va pas croire que je ne comprends pas Bill! Parce que tout ce que tu ressens, je le ressens aussi. Alors quand tu vas mal, nous sommes deux à avoir mal. T'es en train de te torturer là Bill! Réagis. Et si tu le fais pas maintenant, il sera trop tard.”
Il sera trop tard. Beaucoup trop tard...
“ Tu veux mon avis Bill? Moi je crois que Lili t'aime autant que tu l'aimes, il y a des signes qui ne trompent pas tu sais... Mais vous êtes aussi fiers et butés l'un que l'autre. Pourtant un jour, faudra bien qu'il y en ait un qui se décide à faire le premier pas. Vous pourriez passer à coté de belles choses et je trouve ça con Bill! Rappelle toi, elle part dans deux semaines...”
Ce ne fut qu'un mononlogue. Tom, c'était pas du genre à faire la morale. Il détestait ça et moi aussi. Mais il savait que des fois j'en avais besoin. Que ne savait-il pas Tom, sur moi? Rien, il savait tout. Il avait toujours tout su et il saurait toujours tout, et ça sans même que je ne lui en parle. Ca en effrayait plus d'un mais pour moi c'était normal. Logique. Ca devait être comme ça! Alors, aussi logiquement qu'il s'est assis, il s'est relevé en me déposant un baiser sur le front. Je gardais la tête toujours baissée. La honte? Certainement. Je ne sais pas en fait... J'avais peut être aussi peur de croiser le regard accusateur de mon jumeau. Parce qu'il faisait mal ce regard. Et des émotions fortes, j'en avais eu assez pour la journée.
“ Hey, Bill?”
Je relevai la tête. Il était à l'embrasure de la porte à m'observer. Il avait cette lueur d'inquiétude dans les yeux et un sourire réconfortant. J'aimais ce sourire.
“ Je t'aime.”
J'esquissai un sourire et il partit en fermant la porte. La solitude. Il ne me restait plus que ça. Je me relevai et secouai mes jambes, engourdies. Je me penchai à le fenêtre et admirai cet éternel ciel bleu. Je laissai le soleil chauffer ma peau. Il devait être aux alentours de huit heures. Je me tournai et balayai ma chambre du regard. Mes yeux se posèrent sur un paquet de cigarettes ouvert qui attendait d'être vider. Si ce n'était que cela, je pouvais le faire. J'attrapai le paquet, un briqué, et m'assis, toujours à la même place, en dessous de la fenêtre. J'aimais être là. L'hiver, c'était ici que le chaffage au sol marchait le plus. L'été c'était là que le soleil brillait le plus. Et aujourd'hui le soleil brillait très fort. Le parquet luisait et mon dos brulait. Je me suis épri de cette chaleur, parce qu'elle était réconfortante. Je ne voulais personne mais je voulais du réconfort. Je ramenai mes jambes contre mon buste. J'allumai une
première cigarette et jouai en même temps avec le tissu de mon jean qui s'effilochait. Je laissai tomber la cendre sur le parquet et écrasai même le petit filtre orange dessus. Ca pouvait bien faire des traces, des trous, ou mettre le feu, qu'importe. J'en avais en fait stritement rien à foutre. Comme je pouvais me foutre de tout. Rien ne m'importait. J'étais comme vidé d'émotions, de sentiments, de sensations, d'impressions. J'étais dépourvu de sens et de conscience. Je laissais juste mes pensées vagabonder au gré de leurs envies. Deuxième cigarette. Je regardais le vent s'introduire dans ma chambre et faire tomber de la cendre. Comme si c'était la plus belle chose qu'il puisse exister. Non, la plus belle chose qu'il puisse existait c'était Lili. Je me maudissais d'avoir pensé à ça. Tout me ramenait à Lili tout le temps. Troisième cigarette. Je m'énervais sur les petits bouts de fils de mon pantalon qui ne voulaient pas se laisser arracher. La cigarette ça tuait, certes. Mais au moins, ça réconfortait un peu. Stupide! Comme si un baton de nicotine pouvait réconforter... La seule chose qui aurait pu me réconforter c'est que cette petite blonde arrive essouflée dans ma chambre et qu'elle m'annonce que finalement elle ne partait plus. Quatrième cigarette. Ne pas penser à elle. Ne pas penser à elle. Je commançai à avoir la migraine à trop réfléchir. Tout s'embrouilliait dans ma tête. Ou peut être était-ce la nicotine, tout simplement... Je pensais vraiment devenir fou.




# Posté le dimanche 01 juin 2008 05:36

Chapitre 29

Chapitre 29




Dix jours. Deux cent quarante heures. Quatorze mille quatre cents minutes. Huit cent soixante quatre mille secondes. Soixante dix cigarettes. Trentre deux appels émis. Des quantités de larmes. Le noir. L'angoisse. L'enfer. Je ne mangeais plus. Je ne dormais plus. Je fumais lorsque je ne pleurais pas. J'attendais lorsque je ne pensais pas. Tout me semblait vide de sens. Le contact de l'eau chaude sur ma peau me brulait. Les paroles encouragentes de mon jumeau me paraissait être un cri lointain. Je ne reconnais rien. J'appréciais juste le soleil qui me réchauffait un peu. Un peu comme un compagnon de route, suspendu à un ciel limpide. Je laissais le temps filer paciament. J'attendais simplement. Qu'elle remette en route ma vie et mes émotions. Qu'elle chasse mon hiver qui se mélait au milieu de l'été. C'était plus que de l'amour, pour pouvoir souffrir, moins que de la passion pour pouvoir mourir. C'était être suspendu à l'agonie. J'aurais voulu mourrir. C'était le pire des sentiments. La joie, la tristesse, l'espoir, ou même la mort, nous avons toujours quelqu'un pour nous accompagner, pour partager. Mais aimer et ne pas être aimé... J'étais enfermé entre deux parenthèses qui paraissaient si inutiles. Je me noyais dans les souvenirs. De nos premiers mots à nos derniers gestes. Tout tournait dans ma tête tel un disque qui ne cesserait de marcher. J'en avais fait des conneries. Et elle, beaucoup de concessions. J'admirais secrètement sa pureté d'ame, et je ne lui dirais probablement jamais. Elle me faisait grandir sans s'en rendre compte. Je voyais sa vie de débauche, et elle qui ne se plaignait jamais... Elle était l'optimisme, la patience et la douceur que je n'étais pas. Elle vivait de son mieux ses rêves de petite fille. Elle faisait de ma vie des éclats de rires et de sentiments. Et lorsqu'elle posait ses yeux sur moi, mon coeur s'affolait, parce que j'existais. Je me voyais vivre à travers elle. Elle ne me faisait pas vivre ou mourir. Tout tournait rond, même sans elle. Mais elle me faisait ressentir. Elle devenait un peu le soleil de mon monde. Son souffle devenait mon air. Ses yeux devaient le ciel bleu. Son rire faisait ma musique. Sa peau faisait ma vie. Elle était la chanson qui tourne dans nos têtes sans pouvoir y poser des mots. Elle vivait de tout son être et je mourrais de tout mon coeur. Et être aussi proche d'elle sans l'être vraiment était comme étoufer. Etre l'ami ne suffisait plus. Je voulais être l'amant. Celui a qui elle penserait sans s'en rendre compte. Celui qui veillerait sur ses nuits comme ses jours. Celui qui couvrivrait son corps d'or et de lumière. Mais elle ne voyait rien. Les yeux suspendus dans le ciel, un fusin entre ses doigts, un vynil tournant en boucle à côté d'elle et une réplique qui chatouille son esprit. Et moi, je crirai et crirai encore que je l'aime, elle ne l'entendrait pas. Lili vit les sentiments mais ne les voit pas. Elle est un peu trop naïve. Elle est un peu trop tout. Les cheveux un peu trop bouclés. Les yeux un peu trop bleus. La peau un peu trop blanche. La vie un peu trop rude. Elle est un peu trop petite. Elle est un peu trop douce. Et moi, j'étais un peu trop amoureux. J'étais une poupée de chiffon abandonnée dans un magasin de jouets par le destin qui aurait préféré celle en porcelaine.
Et pendant toutes ces heures, je glissai les doigts sur le papier glacier de ces photos. Seule trace que j'aurais pu garder d'elle. La première, je ne me rappelais même pas de l'avoir. Andreas me l'avait passé, me disant qu'il l'avait en double. Il savait aussi bien que moi que c'était faux... Elle était assise en tailleur sur son lit. Les couleurs étaient vives. Ses yeux étaient bleus comme l'été. Elle regardait dans le vide, ne sachant surement pas qu'elle était prise en photo. Elle tenait sa tête dans une main, une moue adorable sur le visage. Et elle portait cette petite robe blanche qui lui allait si bien. Cette robe qui me rappelait le premier jour où je l'avais vu. Ce jour où il n'y avait ni jour ni nuit. Ni été, ni hiver. J'étais hors saison. Noyé dans sa douceur. Elle m'était apparue à la fois si imposante et fragile. Au début, je n'y croyais pas vraiment. J'avais toujours cru qu'elle existait simplement dans un dessin animé. Pourtant elle était ce qu'il y avait de plus vivant. Elle était comme un jour de soleil qui passe trop vite...
Il y avait cette photo aussi, que je me rappelais avoir prise un jour d'hiver. Un de ces jours de bataille de neige où l'on est heureux d'avoir froid et les pieds tout mouillés. Elle courrait dans la neige, riant aux éclats. L'image était flou et les couleurs grisées. Mais elle me fit penser à ces chocolats chauds que nous buvions, assis sur un canapé. Elle me fit penser à nous, enfants perdus, dont le destin est déjà tracé. Elle me fit penser à la suivante, prise le même jour, où nous posions tout les deux. Deux têtes de cons, au sourire incroyablement niais. Des têtes de cons qui allaient bien ensemble. Nous crontrastions. Elle le jour, moi la nuit. Les cheveux noirs, les cheveux blonds. Les yeux marrons, et les yeux bleus. Seul le rouge qui venait chatouillait le bout de notre nez nous assortait. Je me rappelais de ce jour dans les moindres détails. Parce que ce jour-là, Lili m'avouait que je faisais parti de sa vie. Et le bonheur que j'avais ressenti était si iréel, que je m'en souvenais plus.
Finalement, des photos d'elle, il n'y en avait pas tellement. C'était juste comme ça. Pris sur le fait. Pour figer l'instant présent. Ou l'instant de bonheur. Juste tous ces instants où elle était là. Certaines même, je n'en connaissais même pas l'existence. Comme celle que Gustav avait pris une fois, à travers la vitre arrière du van. Personne aurait pu reconnaître la rock star et la fillette. Il y avait juste deux silhouettes. Enlacés au loin, fendant le ciel gris, dans un rayon de soleil. Tout était diforme. Nous étions anonymes, banales et communs. Juste deux âmes en peine, partageant leur chagrin. Il y avait celle aussi, qu'avait pris mon frère. Le soir où elle s'était enfuit de chez elle, je suppose. Les yeux clos, le coeur battant, nous étions un couple. Au moins le temps d'une photo clandestine. Où elle reposait sur moi. Où les draps n'étaient plus. Où le soleil livrait sa première bataille avec le stor pour passait à travers les petits trous. Où nos corps étaient entre la lumière et la pénombre. Où nous étions loins.
Je les éparpillais souvent, autour de moi, cherchant la plus jolie, la plus réussie, la plus vraie, la plus Elle. Mais elles l'étaients toutes. Même entourée du monde entier, elle brillerait toujours plus. Même entourée de célébrités, c'est elle qui attirait l'oeil. Parce qu'elle était jolie Lili. Elle ne faisait rien pour l'être pourtant. C'était inné. Normal. Ca devait être comme ça. C'est tout. Elle était petite. Elle était frêle. Elle était blonde aux cheveux trop blonds et pas assez roux. Elle avait les plus beaux yeux bleus du monde. Elle était blanche aux joues rosies. Elle avait une jolie bouche en coeur qui me supplier de m'approcher. Elle n'avait pas la plus grande garde robe du monde. Elle n'avait pas la plus belle vie du monde. Elle n'avait ni ordinateur ni mp3. Elle n'avait ni voiture, ni grande maison. Elle avait simplement son grand vélo bleu rouillé par le temps et la pluie. Ce grand vélo qui lui avait couté un nombre incalculables de chutes dans l'eau ou de bleus sur les jambes. Elle avait juste du talent et des rêves qu'elle emportait un peu partout répendant où elle le pouvait, des grins de magie, cachés dans son sac en beaudolière. Elle était juste jolie Lili. Avec ses taches de rousseur. Avec ses ongles un peu rongés. Avec ses doutes. Avec ses yeux un peu fuyants. Avec son entêtement. Lili ne laissait jamais démonter. Il était impossible de lui enlever une idée de la tête. Il était impossible de lui faire changer d'avis. Quand elle ne controlait plus, elle fuiait. Parce qu'elle n'aimait pas être faible. Elle cachait ses défauts. Elle cachait sa vie. Elle se cachait. Elle cachait son brin de bonheur qu'elle cherchait, en vain. Elle trouvait du bon à tout, même quand il y en avait pas. Elle avait peur du mal. Elle avait Un je ne sais quoi que tout le monde chercher chez quelqu'un et que j'avais trouvé chez elle. La magie. L'espoir. L'amour.
Elle était l'étoile filante que j'avais vu une fois petit et que j'avais attendu jusque là. Elle filait, répandant la lumière. Et puis elle m'est apparu, plus belle et brillante que jamais. Mais elle repartira. Comme toutes ces étoiles. Ces étoiles que nous avons si longtemps observé, un soir de printemps. Elle dans sa robe de princesse et moi le coeur regonflé d'espoir. J'en avais gardé une image, une seule. Un halo de lumière s'était posé sur elle, faisant luire sa jolie robe. Elle avait le nez, accroché au ciel étoilé et ses pieds nus dansaient sur un rythme imaginaire, qu'elle seule pouvait entendre. J'aurais voulu être cette musique, pour l'accompagner partout et l'emplir un peu de rêves. Elle, si seule et fragile. Son anniversaire avait été un jour spécial. Plus rien ne tournait rond. Tout avait été calculé et pourtant tout était naturel. Comme si c'était écrit quelque part. Ce jour-là, le Destin avait signé. Dans dix ans, personne ne se souviendra probablement plus de cette journée. Tout le monde aura fait d'autres anniversaires. Lili sera peut être devenue une grande comédienne et fera tous ses anniversaires dans des soirées privées. Mais moi, je me souviendrai. De tout. D'elle dans sa robe. De notre petit déjeuner surprise. De ces phots que nous avions pris. Un peu à la dérobée. Dans un concours de grimaces. Sur ces photos, tout respirait l'amitié. Les regards, les couleurs... Elles me firent rire ces photos. Premier rire depuis dix interminables journées.
Ce jour-là entre larmes et nostagie, j'ai déposé les armes. Ce jour-là, je me suis avoué vaincu. Ce jour-là, je la laissais partir. Ce jour-là, j'étais résigné. Ce jour-là, c'était le premier jour de ma perte. Ce jour-là, il faisait beau et calme. Ce jour-là, le brouha de la vie m'est apparu plus clair et mélodieux. Ce jour-là, tout me semblait clair. Ce jour-là, je me suis senti serein avant une mort certaine. Ce jour-là, j'ai décidé d'être l'homme plutot que l'enfant. Ce jour-là, j'ai choisi son bonheur au détriment du mien. Ce jour-là, j'ai choisi d'aimer, d'aimer vraiment. Ce jour-là, je me suis relevé et ai glissé ma tête à la fenêtre. Ce jour-là, j'étais plus vivant que jamais...






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Deux chapitres à la suite!
Avouez quand même que je suis assez balaise! ; )
Le chapitre 27 n'a pas l'air de vous avoir très embalés vu le nombre de
commentaires...
J'espère juste que cette fiction vous plait encore.
Je voulais quand même dire merci à celles qui me suivent depuis le début.
Et à celles qui sont arrivées ensuite!
Je vous raussre ce n'est pas encore la fin.
C'est juste comme ça...
Parce que peut être je le dis pas assez souvent! =D


Bon en tout cas, j'attends plein plein de commentaires.
Je le mérite quand même, non?


Juste a titre indicatif, ça se voit peut être pas comme ça...
Mais c'était le chapitre le plus dur à écrire de cette fiction!!




Des bisous.





Pauline.


# Posté le dimanche 01 juin 2008 05:49

Chapitre 30

Chapitre 30




Nous étions assis par terre en cercle. Nous avions de quoi nous assoir, là n'était pas la question. D'ailleurs, je ne me souviends même plus comment nous nous sommes retrouvés assis en cercle en plein milieu du salon. Nous étions tous les cinq, Andreas s'était joint à nous. J'étais content de le voir. J'avais l'impression de revivre un peu plus. Comme s'il ravivait les couleurs. Nous jouions à un jeu de cartes complètement débile tout en parlant de tout et de rien. Le ciel était bleu mais il faisait étonament froid pour une fin de mois d'Aout. Comme si le temps s'était conjugué à mon humeur. Je me sentais bien. Vraiment. Mais j'étais vide. Et c'était dur de ne pas penser à elle. Parce que tout me rappelait sa présence. Du canapé qui était là depuis toujours jusqu'à une parole qu'aurait pu dire les garçons sans s'en rendre compte. Tout était imprégné d'elle. J'étais fatigué. Ma tête tournait à plein régime. J'aurais juste voulu oublier...
“ Au fait Bill, ça va mieux tes cauchemards?
Demanda Andreas en mélangeant les cartes
- Ouais! Enfin... on fait avec.
- C'est quoi cette histoire de cauchemards?
Questionna Gustav fisiblement inquiet
- Rien. Je fais juste des rêves bizarres où Lili meure à chaque fois. Mais bon, c'est passé! Tentai-je de le rassurer
- Tu parles, c'est tellement passé qu'il venait finir sa nuit dans mon lit! Et puis bon maintenant il la commence carrément avec moi comme ça, ça lui évite un déplacement! Ironisa mon cher frère
Je lui jetai un regard noir. Alors lui, ce n'était vraiment pas le roi de la discression des fois! Je n'avais pas spécialement envie que tout le monde sache que je dormais avec mon frère parce que j'avais peur de faire des cauchemards.
- Merci du soutient Tom!
Répliquai-je amerrement
Je croisais les bras contre ma poitrine. Oui, c'était vraiment puéril de bouder pour si peu mais en ce moment un rien me faisait réagir.
- Bill, c'est à toi de jouer!
Indiqua Gerog
Je jetai une carte au centre sans même la regarder. J'étais bien trop préoccupé à toiser mon frère et son air victorieux. Il avait le don de m'énerver parfois! La sonnerie de la porte me fit sortir de mes songes.
- Tu sais Bill, c'est pas une honte de faire des cauchemards. Ca arrive à tout le monde. Même à la diva!
Dit-il en se relevant
Il m'ébourifa les cheveux et se dirigea vers la porte d'entrée. Je grognai de mécontentement. Il savait très bien que je détestais qu'il fasse ça. J'e,tendis la voix de mon frère et celle de quelqu'un d'autre que je ne reconnaisais pas. Il revint avec un sourire en coin.
- Bill, il y a quelqu'un pour toi.
Je fronçai un sourcil essayant de savoir qui cela pouvait bien être. Je n'attendais pourtant personne. Du moins, pas que je sache... Je marchai jusqu'à la porte qui était entr'ouverte et l'ouvrit un peu plus. Je restai figé quelques instants. Lili était là, me dévisageant, vétue du sweet que je lui avais donné il y a bien longtemps et d'un vieux jean troué. Elle portait son sac et tenait ce qui semblait être une toile à la main. Elle baissa la tête visiblement génée que je la regarde ainsi. Mon coeur tambourinait dans ma poitrine et je me pinçai discrétement croyant me réveiller d'un rêve. Mais elle était toujours là, plus impressionnnante et fragile que jamais. Je vis une goutte d'eau tomber sur le bout blanc d'une de ses converses. Je portais ma main à ma joue, croyant que c'était moi qui pleurait inconsciemment. Mais mes yeux étaient secs. D'avoir déjà trop pleuré surement... C'était donc elle. J'avais peur. J'étais carrément mort de trouille de ce qui se passerait ensuite et aucun mot ne voulait franchir la barrière de mes lèvres, c'était pourtant pas faute d'avoir essayé... Je pris alors simplement sa tête dans mes mains et relevai son doux visage pour voir ses yeux remplis de larmes. Je me pinçai la lèvre, ému de la voir si vulnérable. J'avais parfois l'impression que c'était un privilège de la voir pleurer. J'avais toujours l'impression qu'elle se mettait à nu, ainsi. Je lui enlevai délicatement son sac de son épaule. Sac que je trouvais bien lourd pour de si frêles épaules. Je pris la toile qu'elle tenait dans sa fine main et la posai contre le mur. Elle me regardait faire, les bras balants, comme désespérée et démunie de force. Je la sentis à bout. Pour la première fois. Je m'en voulais de la voir dans cet état. Parce que même si ses problèmes étaient nombreux, même si sa vie était dure, même si elle avait toutes les raisons du monde d'être désespérée, je savais très bien que j'y étais pour quelque chose. Et je m'en suis voulu. Parce que, moi, tout ce que je voulais, c'était la voir heureuse, ne serait-ce qu'une fois. J'aurais fait n'importe quoi pour. Et c'était le contraire. Tout allait vraiment de travers. Je m'approchai d'elle lentement, presque timidement. Comme si c'était la première fois. Je posai un main derrière sa tête, dans ses doux cheveux, et une autre dans le bas de son dos. Je le collai à moi et déposai un baiser sur le sommet de sa tête, parmis cette masse de jolis cheveux. Je la sentis se tendre et éclater en sanglots. Elle frota lentement son nez dans mon cou et continua de pleurer silencieusement. Dieu que je l'aimais. Autant que c'était possible. Finalement, c'était surement mieux comme ça. Finalement je devais surement la laisser partir. Finalement, nous devions peut être en rester là, et éviter de nous faire un peu plus de mal, encore. Je caressai ses cheveux pour l'appaiser. Elle se détendit lentement et se détacha de moi. Elle sécha ses yeux avec le bout d'une manche et souria timidement. Je pris sa main et l'emmenai s'assoir sur l'escalier du palier. Elle posa sa tête sur mon épaule et ferma les yeux en soupirant.
“ Je suis désolée Bill. Tu sais des fois, j'ai tellement la tête ailleurs que je vois pas ce qui se passe autour de moi...
Et elle est partie dans des explications que j'écoutais plus vraiment. Pas que je m'en fiche. J'étais juste captivée par le son de sa voix et l'expression de son visage pour vraiment écouter ce qu'elle disait. Elle était si naturelle, si jolie, si expressive, si tout... Elle était Tout. Et moi, je suis parti loin. Trop loin. Elle vit que je ne l'écoutais plus. Elle secoua sa main devant mes yeux. Je secouai la tête et bredouilla une excuse débile.
- Bill... Finalement t'as peut être raison, peut être qu'il faut pas que je parte, et que...
- Non! Pars Lili, tu peux pas laisser tomber tes têves comme ça! Non vas-y! Ne te préoccupe pas de moi, ou de qui que ce soit... C'est mieux comme ça, hein?
L'interrompis-je
- Oui, surement...
Et ce fut le silence. Comme si la pression redescendait. Comme si tout était à refaire. Comme le calme après une tempête ravageuse. Et ce fut les pensées qui se démèlent. Tout devient clair presque léger. Tout devient facil. Tout est fini.
- Au fait Lili, c'est qui ces types qu'on a croisé l'autre jour? C'est pas que je les aime pas mais...
- Oui, je sais ce que tu vas me dire. Et t'as surement raison! Ils ont pas l'air très recommandables et ils le sont surement pas. Mais tu sais, quand tu habites une cité comme ça, tout le monde se connait, tout le monde s'aide. Et tu vois, ces types je les connais depuis toujours. C'est pas la grande aimité et les grandes effusions, mais je sais qu'ils sont là quand j'ai besoin d'eux. C'est un peu comme des grands frères, tu comprends?
J'acquésis simplement. De toute manière, je ne pouvais pas l'empécher de fréquenter qui que ce soit. J'en avais ni le droit ni le pouvoir. Et puis finalement, ils n'étaient surement pas aussi dangereux qu'ils en avaient l'air... Je me relevai et elle fit de même. Lorsqu'elle était à côté de moi, je m'étonnais toujours de sa petite taille. Qui contrastait tellement avec ce qu'elle dégageait. J'en venais même souvent à me demander qui était le plus petit de nous deux...
- Tu viends, on rentre?
- Oh non, Bill! J'ai une multitude de choses à faire...
Dit-elle en passant une main dans ses cheveux, signe d'une gène qui n'avait pas lieu d'être
- Allé Lili! Tu pars bientot alors on pourrait passer un après midi tous ensemble! S'il te plait! Tentai-je avec mes plus beaux yeux de cien battu
- Arrête avec ces yeux-là Bill! Répondit-elle en souriant
- Pitié! Pitié! Pitié! Supliai-je, les mains jointes en prière
- Bon... D'accord! Ceda t-elle en soupirant
- Yes!!! Criai-je, victorieux
Je pris son sac sur mon épaule et elle récupéra sa toile. Je refermai la porte derrière moi et la poussai jusqu'au salon, où elle s'étonna de voir Andreas.
- Andy! Qu'est-ce que tu fais là?
- Je te rappelle que ce sont mes potes à moi aussi!
- Oui, je sais!
Elle ria et s'approcha pour déposer un baiser sur les joues. Et moi, je n'en avais même pas eu!
- Et moi?
Ralai-je en désignant ma joue
Elle leva les yeux au ciel et me déposa un baiser à moi aussi! J'en profitai pour la retenir et la chatouillai. Elle ria aux éclats, d'un rire communicatif. Finalement, de simple chatouilles sont devenus une bataille de coussins. Les coussins n'étant plus très amusant, la nourriture y est passé. Jusqu'à ce que Lili et Gustav, dans le camp adverse, m'attaque à coup de mousse à raser. Mon cher jumeau tenta de me venger, mais c'était sans compter sur notre cher bassiste qui a eu la bonne idée de nous asperger avec du dentifrice. Finalement, d'un commun accord avec Andreas et mon adorable, nous avons déclaré forfait et avons traité de paix. Nous nous sommes tous avachis sur les canapés et avons tenté de faire un constat des dégats. A laisser tomber. Ils étaient beaucoup trop nombreux. Je récupérai un peu de nutella qui s'était échoué sur la joue de Lili, on ne sait évidemment pas comment... J'avais soudainement faim et le ventre de georg aussi, aparament, nous nous regardions tous dans le blanc des yeux et finissions par éclater de rire. Lili, se leva brusquement et se tourna ver nous.
- Vous avez des oeufs, de la farine, du lait, du rhum et du sucre vanillé?
- Euh...
Fut la seule réponse du batteur.
- Ca vous arrive de mettre les pieds dans une cuisine?
- Pas récemment non!
Répliqua mon jumeau
Elle ria et se dirrigea vers la cuisine en se plaignant que les hommes de nos jours étaient vraiment de bons à rien. Nous la suivions à pas de loup et l'observions dans l'encadrement de la porte. Elle attacha ses cheveux avec une paguette chinoise qui devait trainer dans un coin. Elle alluma la radio et s'affera aux founeaux en chantonant une vieille chanson, que je ne connaissais même pas, mais qu'elle avait l'air de connaître plus que bien. Elle atrappa une poele et commença une série de ce qui devait être des crèpes. Je souriais inconsciemment en repensant à la dernière fois où j'en avais mangé. C'était le week end où j'étais venue chez elle. Elle les avait tartiné de nutella et la fin, nous nous étions retrouvé avec du chocolat partout. Elle se retourna et souria en nous trouvant presque admiratif au pas de la porte. Elle se reconcentra sur ses crèpes, les faisant sauter de temps en temps. Elle en riait même toute seule et je trouvais ça plus qu'adorable. Elle était adorable! Lili, elle aurait pu convertir le diable au bien en un seul regard.
- C'est vrai qu'elle est vraiment jolie ta Lili!
Me chuchota mon abruti à l'oreille
- Oui, mais comme tu l'as si bien dit, c'est MA Lili! Alors pas touche!
Il se moqua de moi gentiment et mébouriffa les cheveux, encore. Cette fois-ci je lui gueulai dessus. Ce qui le fit rire de plus belle. Ce qu'il pouvait m'énerver des fois!
- Bon les garçons, arrêtez un peu! Sinon pas de crèpes!
Nous menaça Lili avec sa spatule à la main
Elle déposa l'assiette pleine de crèpes sur la table.
- Bon, qui veut du nutella?
Questionna t-elle
- Moi! Crions nous tous en coeur
On se jeta tous sur une chaise et elle s'appliqua à faire des dessins au nutella sur les crèpes avant de les plier en quatre.
- Et moi je m'assois où?
S'indigna t-elle en posant ses points sur ses hanches
Je me reculai un peu et lui fis signe de s'assoir sur moi. Elle s'assit, en mangeant sa crèpe presque timidement. Je croisai le regard de mon meilleur ami qui me sourit tendrement. Gustav se leva et revint avec un appareil photo numérique. Je sentis un flash et lui piquai l'appareil. Ok, si Gustav en avait un jour marre de la baterie, il pourrait toujours devenir photographe. La photo était... jolie. Spontanée peut être. Lili me regardait et moi je regardais le vide. Elle était bien, cette photo. Ca me faisait bizzare de la voir en photo sur mes genoux. Nous allions bien ensemble, il me semble...
Gustav récupéra l'appareil et le posa sur le micro-onde et programma le retardateur. Le petit oiseau sortit et nous étions tous dans la boite. Un morceau de crèpe dans la bouche pour certains, des restes de chocolat ici ou là pour d'autres.
“ Ah au fait!
S'exclama Lili en se levant brusquement
Elle courra vers l'entrée et revint avec sa toile derrière le dos. Elle était mignone à vouloir cacher une toile plus large qu'elle. Elle le posa sur la table et dit d'un air géné:
- C'est pour vous. Je l'ai fait hier. Comme ça quand vous le regarderez vous penserez un peu à moi...
Nous nous levions tous les cinq pour admirer les talents de Lili. Et quelle talents! C'était Tokio Hotel en pop art. Elle avait divisé la toile en quatre, nous peignant chacun en noir et crème. C'était joli.
- Mais Lili, on a pas besoin de ça pour penser à toi. Bien que ce soit vaiment très beau.
Ajouta mon frère
Il l'a prit dans ces bras, je me joignis au calin. Finalement se fut un calin collective ou tout le monde s'écrasait les pieds en riant. C'était de l'éclat d'amitié. De l'amitié à l'état pur.






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Voilà!
On se retrouve un peu plus bas...



# Posté le dimanche 15 juin 2008 16:19

Chapitre 31

Chapitre 31




Trois jours. Trois putain de jours. C'était insoutenable, invivable, inévitable. Et lorsque je pensais à son tableau, acroché sur le mur du salon au dessus de la télé, j'y pensais. Un peu plus encore. Elle avait eu la bonne idée de partir la veille de mon anniversaire, de quoi me mettre en bouche, pour le plus triste jour de ma vie. C'était le poteau d'éxécution pour un coeur fragil. J'irai la voir aujourd'hui. Sans rien laisser pareaitre, comme si de rien était. Je la regarderais surement faire ses valises, probablement l'aiderais-je aussi... J'allais encore jouer au bon copain qui accepte tout, qui comprend tout. Elle me parlerait de son voyage comme si c'était la plus belle chose. Alors que pour moi, la plus belle chose du monde, c'était simplement elle. Elle en parlerait de son air enjoué qui lui va si bien, mais qui cette fois me donnera la gerbe. Et je la prendrais surement dans mes bras en lui disant d'un ton le moins détaché possible que c'est génial et que c'est ce qui peut lui arriver de mieux. Alors que non! Moi, je voulais juste qu'elle laisse tomber tout ça. Je voulais qu'elle comprenne que la meilleure chose qui pouvait lui arriver à elle, comme à moi, c'était nous. C'était des disputes. Des nuits entières à s'aimer. C'était se marier si elle le voulait. C'était avoir des enfants. C'était tout plaquer et partir loin si elle le voulait. C'était tout ce qu'elle voudrait du moment qu'il y ait un nous. C'était perdu d'avance. Tout était déjà joué. Putain de fatalité.
Je glissai une feuille pliée en quatre dans la poche arrière de mon jean et dévalait les escaliers en mettant de grosses lunettes de soleil noires. Lunettes qui faisaient souvent rire Lili. Elle aimait bien se moquer de moi. Elle disait que je faisais toujours très rockstar avec ces lunettes. C'était surement vrai... Je montai dans le van et saluai Saki avant de descendre la vitre. Il faisait beaucoup trop chaud ce jour-là! Et pour bien faire les choses, il y avait, comme par hazard des emboutaillages. J'arrivai devant la porte de chez Lili seulement une demi-heure plus tard. C'est sa maman qui vint m'ouvrir, toujours avec son éternel sourire. Maxime me sauta littéralement dessus, en criant de joie de façon assez explicite!
“ Comment vas-tu bonhomme?
- Ca va! Dis, tu sais où elle va toi Lilou?
Demanda-t-il en tirant sur un pan de mon pantalon
- Je croisai le regard inquiet de sa mère et tantais un sourire réconfortant. Je m'accroupis devant le petit et pris ses petites mains dans les miennes.
- Oui! Lili elle va en Amérique. Tu sais, elle est grande maintenant, c'est normal qu'elle quitte sa maison. Toi aussi tu partiras quand tu seras grand!
- Moi pourquoi elle part si loin? Elle m'aime plus?
Questionna-t-il au bord des larmes
Je me mordis la lèvre pour ne pas pleurer. C'était dur! Il avait la vie si dur ce petit garçon. J'avais vraiment de la peine pour lui. Je me demandais, à ce moment précis, si je n'étais pas resté un petit garçon finalement, en réagissant comme je le faisais.
- Bien sur qu'elle t'aime ta grande soeur! C'est juste qu'elle veut aller là-bas parce qu'elle aime beaucoup ce pays. Toi aussi quand tu seras grand, tu pourras aller où tu veux. D'accord?
Il hocha la tête doucement, en mettant son pouce dans sa bouche. Il se rapprocha letement et je finis par le prendre dans mes bras. Il avait la même odreu réconfortante que Lili. Finalement, qui réconfortait qui?
- Et puis si tu veux, moi quand je serais ici, je viendrai te voir de temps en temps. On ira au square tous les deux. Tu veux bien?
Lui proposai-je en chuchotant
Il me sourit en guise de réponse et courrut jusqu'à sa chambre, surement. J'avançais jusqu'à celle de Lili, d'où sortait de la musique et la voix douce de Lili couvrant celle du chanteur de Radiohead. Je toquai à la porte et elle se retourna. Elle souria, me déposant un baiser sur le front et me tira un peu à l'intérieur pour refermer derrière moi.
- Tu vas bien?
- Oui! Ca avance bien?
Lanceai-je en désigant l'énorme valise à moitié pleine
- Ouais... C'est tout moi ça, je fais toujours tout au dernier moment. Tu veux bien m'aider s'il te plait?
- Oui, si tu veux... Je fais quoi exactement?
- Bah, je sais pas! Fouille un peu dans l'armoire, voir ce que je pourrais emmener comme fringues! Après tout, t'es plutot habitué à voyager toi non?
- Oui c'est vrai!
Répondis-je en riant
Je faisais défiler les ceintres, tentant de trouver une robe qu'elle arait pu mettre là-bas. Et je tombais sur celle-là. Comme je n'aurais pas voulu tomber dessus. C'était si douloureux de se dire qu'on ne ferait plus rien ensemble. Que cette soirée-là c'était la première et la dernière. Et j'aurais tout donné pour la revoir ne serait-ce qu'une fois dans cette robe.
- Tu veux bien amener celle-là Lili?
Lui proposai-je en lui tendant le ceintre
- Je pense pas que j'aurais l'occasion de la mettre là-bas...
- Oui, mais comme ça tu penseras un peu à moi comme ça.
Fis-je remarquer tristement
Elle leva les yeux vers moi et laissa tomber les vêtements qu'elle tenait dans sa valise. Elle s'approcha de moi, sentant surement cette tristesse persistante.
- Bill... J'ai pas besoin d'une robe pour penser à toi.
Murmura-t-elle
C'était là. Maintenant. Tout de suite. Si j'avais fait un arrête sur image et dire pourquoi c'était mainteant, je n'aurais pas choisir. C'était peut être l'intonnacion de sa voix. L'effet que m'a fait cette phrase. L'expression de son visage. Son sourire attendrissant. Ses si doux yeux bleus. Ou peut être tout. Mais c'était là. Maintenant. Ou jamais.
- Je... je t'aime Lili.
- Moi aussi Bill. C'est normal, on est amis!
Répondit-elle en caressant ma joue
Bordel! Moi je ne voulais plus être son ami. Ca ne me suffisait plus. Et elle ne le voyait pas. Elle ne voyait rien. Lili vivait avec bandeau sur les yeux. Pour elle, on disait je t'aime à un ami. Mais elle ne comprenait pas que pour moi c'était plus. C'était plus que de simples mots. C'était des jours et des mois de doute et de souffrance. C'était un véritable combat contre cette putain de fierté qui me collait à la peau. C'était me mettre à nu. Et elle ne voyait pas.
- Ton avion décolle à quel heure?
- 11h30.
Elle me prit la robe des mains. Tiends d'ailleurs, tu pourrais mettre les billets dans mon sac? Histoire que j'y touche plus jusqu'à samedi, sinon tel que je me connais je vais les oublier!”
Je pris les billets d'avion, posées sur le bureau. Dire que je n'ai pas été tenté de les déchirer serait mentir! Au lieu de ça, je pris la feuille qui était dans ma poche pour la mettre avec les billets et les déposer dans le sac. Voilà, le compte à rebourd était lancé. Je jouais avec le Destin la partie la plus risquée de ma vie. Je le sentis comme une certitude.






Lili,


Un jour en parlant de toi à Tom,
je lui ai dit que si plus tard j'avais une fille
et qu'elle me demandait comment conquérir le coeur d'un homme,
je lui répondrais d'aller demander à sa mère.
En espérant que sa mère se soit toi...


Bill.






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Deux chapitres pour le prix d'un.
Donc deux fois plus de commentaires!
Surtout qu'en ce moment ça se bouscule pas trop je trouve...

Vous excuserez, je ne me suis pas relu.
Je manque un peu de temps.
Avec les révisions et les épreuves qui arrivent à grand pas...



Bon, esuite, il faut qu'on parle sérieusement.
vous savez très bien que chaque histoire à une fin.
Et la fin de cette histoire arrive à très grand pas.
En fait pour tout vous dire, il reste deux chapitres qui arriveront jeudi ou vendredi...
Plus l'épilogue qui sera la samedi matin tot.
Jour de mon anniversaire et de plein d'autres choses! =D




J'espère que ces deux chapitres vous auront plus et j'attends vosd avis.
J'aimerais aussi savoir comment vous imaginez la fin de cette histoire.
Happy end or not? xD



Des bisous.




Pauline.

# Posté le dimanche 15 juin 2008 16:30

Chapitre 32

Chapitre 32





Bon. Chères lectrices, je mets mon petit commentaire habituel ici.
J'ai pas envie de couper votre lecture par une de mes commentaires.
J'ai pas envie non plus de vous couper dans ce que vous pourez ressentir en lisant tout.
C'est mon dernier commentaire de cette fiction.
Ca fait assez bizarre! =D
En tout cas, j'espère que ça vous plaira.
J'avoue avoir pleuré pour le tout dernier chapitre.
En même temps c'est un peu normal...!
J'vous en dis pas plus, vous verrez par vous même.

L'épilogue arrive samedi matin très tot.
Jour de pas mal de choses comme vous le savez, et de mon anniversaire entre autre! xD
Demain, j'ai l'épreuve écrite de Français et SVT du bac et mardi c'est l'oral.


En attendant vous pouvez me noter ICI!


Je ferai la pub pour l'épilogue demain soir, en espérant que vous n'oublirez pas pendant la nuit! xD
Parce que samedi je ne suis pas là.
Non, je ne vais pas au Parc des Princes.
Même si j'aurais bien aimé, bien sur...

Donc sur ce, bonne lecture.
J'attends vos impression bien sur! =D


PS: Je demande votre attention. Est-ce que quelqu'un connaitrait un blog rassemblant toutes les citations et paroles marquantes dites de Tokio Hotel? Si oui, pouvez vous me passer un lien s'il vous plait? =D


A samedi!



Des bisous.




Pauline!






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Je me suis levé ce matin. Tot. Trop tot. Bien avant le soleil. La gorge sèche et le ventre noué. Combien de fois me suis-je passé cette journée dans la tête? Je n'osais même pas vivre, ni respirer. C'était comme être suspendu à un fil, entre le manque et l'absence. Entre ce qui fait mal et ce qui fait encore plus mal. J'attendais, simplement. Le moment où je serais en retard, où je n'aurais pas d'aure choix que de courir, ou je n'aurais pas à réfléchir. J'ai ouvert la fenêtre ce matin et ai regardé le soleil se lever. Presque à m'en bruler les yeux. Comme si c'était la fin. Le premier jour du reste de ma vie. Sans Lili. J'avais l'impression que même le soleil ne brillerait plus pareil à présent. Ce matin, je suis mort quand le soleil s'est levé. Le compte à rebord était lancé. Je sortai ma tête d'à l'extérieur de la fenêtre où il faisait déjà très chaud et passai sous le jet d'eau froide. Aujourd'hui je ne ferais rien. Aujourd'hui je me ferais moche. Aujourd'hui je ne me maquillerais pas, je ne me coifferais pas. Aujourd'hui j'accompagnerais simplement Lili à l'aéroport et j'irais noyer mes larmes dans mes draps ou dans des verres plein d'alcool. Je ne choisissais pas mon bonheur. Mais les manières de me détruire étaient inombrables. Je me détruirais. Point.
J'enfilai un jean, un tee shirt et une casquette. Aujourd'hui, c'était comme aller à mon propre enterrement. Je devais être aussi angoissé qu'elle. Elle, angoissée par une vie de rêve. Moi, angoissé par une vie de cauchemard. Mais nous étions angoissés quand même. Et ça c'était bien. Pour la toute dernière fois je vivais et ressentais au même rythme qu'elle. Je ne pouvais me contenter que de ça. Quoi d'autre? Si ça se trouve son avion serait en retard, augmentant l'attente et l'angoisse. Si ça se trouve, elle avait déjà lu mon mot et l'avait déchirée. Si ça se trouve, elle allait m'oublier en posant un pied là-bas. Tout ça pour une fille. L'amour c'est stupide, l'amour ça fait mal.
Je devais passer à 9h30. Et j'y étais à 9h30. La maman de Lili vint m'ouvrir. Elle souriait toujours mais portait un air inquiet en plus. Mais merde, c'est pas comme si elle risquait sa vie! Elle risquait juste mon coeur. Et ça, même elle ne le savait pas.
“ Tu vas bien Bill?
- Pas tellement non...
Elle soupira. Non, il n'y avait pas qu'elle qui n'allait pas. Personne ne pouvait aller aujourd'hui. Je détestais ce jour depuis des mois, et aujourd'hui je le haïssais.
- Tu...
Elle hésita à continuer, et je lisais dans ses yeux qu'elle savait.
- Oui. Répondis-je fermement
- Je suis désolée.
- Faut pas! Dis-je tristement
J'avançais dans l'apartement, sur ses talons et trouvai Maxime, absorbé dans un dessin animé.
- Tu viends dire bonjour Maxime, Bill est là!
Il s'avança silencieusement et je m'acroupis. Il me déposa un timide baiser sur ma joue.
- C'est aujourd'hui qu'elle part Lili?
- Oui. Mais faut pas être trsite Maxime! C'est bien pour Lili...
Il haussa les épaules. Ouais. Lui aussi était septique visiblement. Il retourna devant la télé. J'avançais vers la chambre de Lili et l'observais un instant. Elle était assise à sa coiffeuse et semblait se battre avec ses cheveux. Elle portait cette robe blanche qu'elle avait mis le premier jour. Un foulard était noué autour de son cou et jamais ces boucles d'oreille ne lui étaient allés aussi bien. Elle croisa mon regard dans la glace et me souria tendrement, passant un peigne dans ses cheveux. J'entrais dans la pièce et m'assis sur le bord du lit juste derrière elle. Je passais ma main dans sa nuque dégagée de ses cheveux qu'elle tentait d'attacher convenablement. Je lui pris le peigne des mains et lui passais délicatement. J'attrapai un élastic et ramenai ses cheveux en queue de cheval.
- C'est bon comme ça?
- Oui, c'est très bien. Merci!
- Alors, comment tu te sens?
- Stressée. J'ai jamais pris l'avion alors...
Répondit-elle presque honteuse
- Mais ça va aller! Il y a pas de raison...
Ca sonnait tellement faux à mes oreilles. J'osais même pas imaginer pour elle! Non ça n'irait pas. Ca
n'irait plus jamais désormais!
- Tu n'as rien oublié?
- Non, je crois pas! On peut y aller...
Dit-elle en souriant
J'attrapai sa valise et elle prit son sac sur son épaule. Je passai le pas de la porte et la regardai faire le tour de sa chambre, pour la dernière fois. Elle referma derrière elle et je l'attendais à l'entrée. Elle souffla pour se donner du courage et partit dans la cuisne dire au revoir à sa mère. Puis elle resta là, plantée au milieu du salon à observer son petit frère. Il se retourna et courrut jusqu'à entourer son bassin. Elle se mit à genous devant lui et passa une main sur sa petite joue potelette.
- Tu m'enverras une carte postale Lilou?
- Oui mon coeur. Je t'écrirai tous les jours si je peux. C'est promis.
Elle passa une main dans ses cheveux blonds de bébé.
- Je t'aime Lilou.
Elle se mordit la lèvre pour ne pas pleurer. Je vis une goutte d'eau salée s'échapper de son oeil et mourrir à la comissure de ses lèvres.
- Moi aussi Maxime. T'es le meilleur petit frère du monde.
- Et toi t'es la meilleure des grandes soeurs.
Dit-il très convaincu
- Tu seras sage avec papa et maman hein?
- Oui. Et dis Lili, t'es triste?
- Non, mon coeur! T'inquiètes pas.
- Pourquoi tu pleures alors?
Demanda-t-il en essuyant son unique larme
- Parce que tu vas me manquer.
- C'est quoi manquer?
- Rien. Quand tu seras plus grand tu comprendras.
C'est sur. Quand on est grand, c'est trop compliqué. J'aurais préféré ne jamais grandir. J'aurais voulu être Peter Pan. Elle le serra contre elle et se releva. Elle ouvrit la porte et prit les escalier en silence. J'appelai l'ascenseur et entrai dedans. Je revoyai notre dispute et riai amerrement. Qu'est-ce qu'on pouvait être cons parfois! Je la retrouvais au rez-de-chaussé et nous sommes montés dans le van.
- Tu veux aller dire au revoir à Andreas?
- Non, c'est bon! On a passé la journée ensemble hier. Par contre, on peut aller chez toi?
- Oui, bien sur. Par contre je te garantie pas qu'ils seront tous levés...
Dis-je en grimaçant
- C'est pas grave! J'irai les réveiller moi! Lança-t-elle en riant
Nous avons donc pris la route jusqu'à chez moi. En silence. Plus les minutes passaient plus le stress montait. C'était encore pire que de monter sur scène. C'était comme de l'apréhension puissance mille. Le van s'arrêta devant l'immeuble et nous nous sommes retrouvés devant la porte d'entrée en moins de temps qu'il faut pour le dire. J'ouvris et laissai passer Lili.Gustav était devant la télé et Georg était sur le point de se rendormir dans son bol de céréales. Elle partit s'assoir à côté du batteur en déposant un baiser sur sa joue et je partis sauver Georg de son sommeil qui penchait dangereusement sa tête dans le lait.
- Georg! Te rendors pas, Lili vient vous dire au revoir!
- C'est aujourd'hui?
Demanda-t-il surpris
J'hochai lentement la tête, prenant conscience que oui, c'était vraiment aujourd'hui. Demain, à cette heure-ci elle ne serait plus là! Il se leva et partit voir Lili. Je les entendis discuter et rire un peu. Puis la vis passer dans le couloir, pour aller voir Tom dans sa chambre, je devinais. Je la suivis et les regardais en souriant dans l'embrasure. Elle tentait de réveiller la marmotte qui me sert de jumeau et lui grognait comme un ours. Elle rigola de ce rire que j'aime tant et prit un peu d'élan avant de se jeter sur lui. Il ria aussi et la chatouilla un long moment. Puis il se leva et nous rejoignit dans le salon. C'était silencieux tout à coup. Un mauvais silence. Un silence qui étouffe la pièce.
- Bon bah, prenez bien soin de vous hein?
Commenca Lili
- Prends bien soin de toi surtout! Rectifia Gustav
- T'inquiètes pas. Elle marqua un temps. Vous allez me manquer quand même...
- Toi aussi. Même si j'aurais pas cru! Jeta ma saleté de jumeau
- Sale con! Ria Lili en lui mettant une tappe derrière la tête
- Aïe!
- Ca t'apprendra.
- Bon allé les amoureux on se calme!
Cria Georg
Je lui jetai un regard noir. Tout pour faire chier son monde celui-là.
Non mais sérieusement, ça va me faire bizarre sans vous tous.
Je la sentis lutter pour ne pas pleurer. Gustav l'a pris dans ses bras et la berça un peu. Bon, pas trop non plus quoi! Puis Georg l'écrasa presque avec ses grands bras. Elle faisait vraiment minuscule comme ça. Mon frère l'enlaça ensuite et lui chuchota quelque chose à l'oreille qui la fit rire. Mon frère savait toujours mieux y faire que moi avec les filles. Ca avait tendance à m'énerver des fois...
- Bon, on va y aller! Sinon on va finir par se remettre en retard.
Annonça-t-elle en essuyant ses larmes
Elle n'avait surement pas choisi le bon jour pour se maquiller... Elle ouvrit la porte d'entrée.
- Ca va aller?
Me questionna mon frère à l'oreille
- Je sais pas vraiment...
- Bon courage! Appelle moi, si ça va pas ok?
J'hochai simplement la tête et dévalai les escaliers pour m'assoir dans le van où Lili était déjà attachée. J'ai bien vu dans le reflet de la vitre qu'elle peurait un peu. Je glissai ma main dans la sienne et nous sommes restés silencieux tout au long du trajet. Quand l'aéroport s'est dessiné devant mes yeux, une boule s'est formée dans mon ventre. Je me sentais mal tout à coup. Saki s'est garé puis j'ai enfilé des lunettes avant de sortir du van. Simple précaution. J'oubliais tellement que j'étais connu avec Lili... Nous sommes entrés dans l'aéroport et elle s'est arrêtée en plein milieu. Sa valise à côté d'elle. La valise était presque plus grande qu'elle...
- C'est là que nos chemins se séparent?
- Ca fait très mélodramatique!
- Oui, c'est sur!
Admit-elle en riant
Elle baissa les yeux sur ses petite ballerines blanches et soupira bruyament. Je me baissai un peu, tentant de capter son regard. Elle ria nerveusement.
- Tu voudras bien m'accorder une faveur?
Me demanda-t-elle avec le plus grand sérieux du monde
- Tout ce que tu veux Lili!
- Tu voudras bien aller voir Maxime de temps en temps? Je sais que tu es très pris et tout ça mais je sais qu'il t'aime bien et...
- Je lui ai déjà proposé. T'inquiètes pas, je garde un oeil sur lui.
L'interrompis-je
- Merci Bill. Merci pour tout. Ca fait qu'un an qu'on se connait. Et des fois j'ai l'impression qu'on a vécu plus de choses que beaucoup de personnes pourraient en vivre en une année.
- C'est vrai.
- Je crois qu'en fait c'est toi qui me manquera le plus au fond...
Dit-elle presque inaudible
- Lili... Toi aussi tu me manqueras! Enormément.
Elle leva de timides yeux vers moi. Je voulais encrer son image dans ma mémoire. Je voulais ne jamais oublier tout ce qu'elle avait pu me faire vivre malgré elle. Je voulais me souvenir de ces yeux bleus, de ce corps fins, de ces cheveux d'or, de cette douceur. De tout. Je voulais me souvenir de Lili comme Elle. Celle qu'on met du temps à trouver.
- Tu me promets que tu prendras soin de toi?
Me suplia-t-elle au bord des larmes
- Oui. Toi aussi!
Elle hocha la tête simplement et porta sa main à son cou. Elle dénoua son foulard et me le glissa dans la main avant de la refermer.
- Comme ça, tu penseras à moi.
- Lili, je...
Je me collai subitement à elle. Presque violemment. J'avais besoin de sentir tout son corps contre le mien. Je glissai une main dans son dos nu sous son gilet et posai mon nez dans ses cheveux. C'était si dur de la quitter! Elle se détacha de moi et se hissa sur la pointe des pieds pour poser un long baiser sur mon front. Je prenai son poignet et déposai mes lèvres sur l'une de ses fines veines bleutées. Elle sourria à travers ses larmes.
- Continue la musique hein? Même si c'est pas pour les autres! Au moins pour toi. D'accord?
- Oui. C'est promis. Bonne chance!
- Merci.
Elle tira sa valise derrière elle et s'avança dans le terminal. Sans se retourner. Sans regretter. Juste elle et ses 1m60. Ou presque. Parce que finalement Lili, elle était farouchement indépendante. Et moi je suis resté là, comme un con, les bras ballants à la regarder s'éloigner jusqu'à s'effacer de mon champs de visions. Jusqu'à s'effacer de ma vie.





Et maintenant...

Je suis seul. Seul au milieu d'un aéroport à me demander si j'aurais du la retenir, ou pas. Elle m'a abandonné. Elle m'a laissé là, entouré de regrets. Pourquoi est-elle partie? C'est con, mais elle me manque déjà. Je n'arrivais pas à me projeter dans le futur avec elle. Je vivais le moment présent. Mais maintenant... Comment faire puisqu'elle n'est plus là? Comment continuer à vivre sans elle? Allé, reprends toi Bill. Tu es bien trop fataliste. Après tout, ce n'est qu'une fille... Mais en y réfléchissant bien, elle est bien plus que ça. Un rêve. Un songe. Un ange...
Tout est en mémoire. Dans un coin de ma tête. La subtilité de son parfum. La douceur de sa voix. La blondeur de ses cheveux. Le bleu de ses yeux. Les courbes de ses mains. Je ferme les yeux très fort en espérant que ça me fasse un peu oublier. En vain. Une larme dégringole de mon oeil pour venir s'écraser sur ma joue. Merde. Je m'étais promis de ne pas pleurer. Je sens mon portable vibrer dans la poche de mon jean. Je ne répondrai pas.
Ca y est. C'est terminé. Je l'ai entendu. C'est trop tard. Beaucoup trop tard. Plus rien ne sera comme avant désormais. Je me laisse lourdement tomber sur le siège le plus près et soupire bruyemment. Je fixe le sol longuement et une seule chose me vient à l'esprit. La première fois où je l'ai rencontré. Je m'en souviens comme si c'était hier...



# Posté le jeudi 19 juin 2008 10:20

Modifié le jeudi 19 juin 2008 10:37