Chapitre 33

Chapitre 33




A écouter : Tennessee. Pearl Harbor.








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Je me lève lentement. Assomé. Comme si on m'avait frappé derrière la tête. Je suis Saki, tête baissé, sans même regarder où je vais. Je sors où l'air est irrespirable. J'ai cette douce impression d'étoufer. C'est plus que d'être opressé. C'est moins que d'étouffer. C'est désagréable. Je relève la tête et regarde autour de moi. J'ai même l'impression de ne plus faire parti de ce monde. C'est comme crier dans une pièce où personne ne peut entendre. Ca fait mal. Juste mal. Et c'est beaucoup trop. Et j'en ai marre d'avoir mal. Je serre un peu plus le foulard et le porte à mon visage. Il sent elle. Il fait mal. Il m'étouffe un peu plus. J'éclate en sanglots. Je me suis tellement retenu, que j'ai mal à la gorge. Je traverse la rue pour accéder au parking. J'imagine. Elle a présenté ses billets à une grande hotesse de l'air. Le papier est tombé de la pochette. Elle l'a ramassé et l'a lu. Et si elle est aussi curieuse qu'elle le dit, elle retourna la feuille pour lire ce qui est écrit en bas. Et elle décrochera ses boucles d'oreille. Et elle verra que sur la petite partie en or où est collé la perle, il y est écrit “Je t'aime”. Et elle saura. “ Bill!”. Non. Elle est partie. Elle ne s'est même pas aperçu qu'il y avait un mot. Elle est dans l'air, quelque part entre ciel et terre. Et moi je suis là, bien ancré dans le sol, immobile au bord de la route, dos à cette douce voix. Je dois rêver. J'espère tellement que cela doit juste être une hallucination. Non. Lili est partie. Pour toujours. Et moi, je suis comme un con, figé au bas côté. Et tout se passe au ralenti. Comme dans un film. Le crissement des pneus. Un bruit sourd. Et je me retourne. L'horreur. Le chaos. La déchéance. La fatalité. La mort... Peut être. Je murmure son nom comme une litanie. Elle, là, tremblante, gisant sur un sol de goudron. La mienne. Mon étoile. Elle. Tout se passe au ralenti. Les gens qui s'approchent. Certains téléphonant, aux secours, j'espère. D'autres choqués ou épris de compassion. Et moi, je reste là, je n'assimile rien. Une seconde de moins, elle serait probablement dans mes bras.
Retour à la réalité. Ca fait horriblement mal. Comme si j'agonisais avec elle. Je finis par courir et écarter tout le monde avant de me pencher lentement. Elle tremble terriblement. La joue contre terre. J'enlève mes lunettes et la prends délicatement dans mes bras. Elle gémit mon prénom. Mon dieu! Je voudrais remonter le temps. Je voudrais ne jamais avoir vu ça. Je voudrais effacer les minutes supplémentaires qui font de ma vie un enfer.
“ Bill, je... j'ai froid!
Ca sonne comme une plainte. Comme un appel au secours. Comme un SOS. Comme ce que je n'aurais jamais voulu entendre.
- Je sais Lili! Mais... accroche toi! Les secours vont arriver.
- Bill, je...je voudrais m'excuser.
- De quoi Lili?
- De n'avoir rien vu...
Je désteste tout ça. Parce que j'ai la certitude que cela sonne comme la fin. La fin de l'histoire. J'aurais préféré qu'elle prenne cet avion, au lieu de se faire percuter par cette stupide voiture. Au lieu de courir derrière ce stupide garçon qui n'aura pas eu le réflexe de se retourner tout de suite. Au lieu de la regarder agonisée, sur le sol, dans sa robe blanche tachée. Au lieu d'attendre sans pouvoir rien faire.
- Lili! Pense pas à ça...
- Promets moi que tu continuras la musique!
- Lili, non...
- Promets!
M'interromp-t-elle
- Je te le promets! Dis-je en commençant à pleurer
- Et que tu croiras toujours en la vie, et que tu te battras et que quand tu regarderas les étoiles, tu penseras un peu à moi...
- Lili, s'il te plait...
Gémis-je
- Allé, Bill! Promets. Allète-t-elle
- Oui, oui, je promets.
Elle me regarde un long moment. Je ne vois rien à travers mes larmes. Je vois juste les siennes. Perles d'eau que je voudrais tuer. Elle prend ma main et la pose sur son coeur, sur sa peau nu. Son coeur qui bat au ralenti. Et je comprends enfin. Et je comprends qu'il y a certain sentiment qu'on ne peut pas traduire par des mots. Il y a des fois où les mots ne suffisent plus. Et ce fut cette fois-là. Toute notre histoire. C'était ça.
- Lili, me laisse pas d'accord?
- J'ai si froid Bill..."
Elle pose sa main sur la mienne. Et ses paupières qui s'abaissent. Et ses yeux qui se femrent. Et son coeur qui bat si lentement! Et c'est injuste merde! C'est injuste parce que Bill & Lili ça n'aura jamais exister. Et qu'on en aura trop vécu en un an. Et que ça nous aura couté la vie. Et son coeur qui bat si lentement. Et sa main qui se détache de la mienne. Je la sens se délivrer, s'évader, s'envoler. Je la sens partir. Elle part...





# Posté le jeudi 19 juin 2008 10:31

Epilogue

Epilogue


Je sursaute. Ce n'était qu'un rêve. Un de ces stupides cauchemards dont je me croyais débarassé. Non. Rien de tout ça est réel. Lili a pris son avion. Lili va refaire sa vie. Lili va m'oublier. A l'heure qu'il est, elle est surement aux USA. D'ailleurs je tourne la tête pour lire les petits chiffres en rouge, seule lumière de la pièce. 00H31. Joyeux anniversaire Bill! Tu parles d'un anniversaire... Je tente de me remémorer tout ce qui s'est passé après son départ. Je suis sorti, je suis monté dans le van, je suis rentré, j'ai fumé cigaretes sur cigarettes en pleurant, et j'ai du finir par m'endormir. Pathétique. Tout ça ne rime à rien. Je me lève difficilement, tangue un peu jusqu'à la cuisine et me prépare un chocolat chaud. Comme ceux que l'on buvait tous les deux. Tout me ramène définitivement à elle. Je reviends dans ma chambre et apperçois mon frère dans l'entrebaillement de sa porte, en train de faire les cent pas, un téléphone à la main. Il essaie apparament de convaincre une fille de venir. Surement une de ses groupies. Moi qui comptais lui souhaiter son anniversaire... Je soupire, déçu, et repars dans ma chambre, plongée dans le noir. J'ouvre les volets et m'assois sur le rebord de la fenêtre. Il fait chaud. Je déteste les nuits chaudes. Je déteste cette nuit, en particulier. Je voudrais tellement être victime d'une crise d'amnésie et me rappeler de rien. C'est si dur de ne pas y penser. Moi qui croyais que j'oublirais tout dès son départ, comme par magie... Foutaise. Rien ne s'oublie. Surtout cette histoire. Lili ne s'oublie. Lili, c'est l'une de ses personnes que l'on conserve dans un coin de sa tête en priant pour que cela ne s'efface jamais. J'entends encore des brides de paroles de mon jumeau, toujours au téléphone. Je bois, me donnant encore plus chaud. Georg et Gustav doivent regarder un DVD dans l'une des chambres. Et moi, je suis comme un con à observer la lune. Elle est pleine aujourd'hui. Et elle est très blanche. C'est peut être un signe... Ja finis ma tasse et me déshabille pour enfiler un bas de survêtemnt. Je m'observe un moment dans la gace. Je suis ideux. Je tente de me sourire à moi-même. Impossible. J'ai toujours cet air triste et désespéré sur le visage.
J'entends sonner à la porte. Je reste là, quelqu'un finira bien par aller ouvrir... Une minute. Deux minutes. Trois minutes. Quatres minutes. Cinq minutes. Personne ne daigne se déplacer. Je m'extirpe donc de mon lit, sans grande conviction et me traine jusqu'à la porte d'entrée en pestant contre le monde entier. Surtout que j'ai vraiment pas la tenue adaptée pour accueillir qui que ce soit. J'ouvre la porte. Personne. C'est bizarre! Pourant, j'ai bien entendu sonner. Je me penche à droite. Toujours personne. A gauche. Merde! Je me frotte les yeux énergiquement. Elle ne peut pas être là. Lili ne peut pas ne pas avoir pris son avion. Elle lève des yeux rougies pour renconter les miens. Elle souffle un peu et se lève de l'escalier où elle était assise.
“ Bill!
- Lili, mais... et ton avion?
Dis-je pris au dépourvu
- T'avais raison. Des écoles de théâtre, c'est pas ce qui manque en Allemagne. Et puis, j'avais pas très envie de partir finalement. Avoue-t-elle dans un demi-sourire
- J'ai eu peur Lili. J'ai fait un cauchemard où tu mourrais, renversé par une voiture!
Elle fronce les sourcils et descent les quelques marches pour se mettre en face de moi. Elle m'observe un long moment. Si bien que son regard finit par me géner et je rougis.
- Oui mais je suis là, tu vois!
J'hoche simplement la tête en pleurant un peu. La pression qui retombe. Le soulagement, aussi. Je suis si soulagé que j'ai l'impression d'avoir des papillons dans le ventre.
- Oh Bill! Pleure pas s'il te plait.
Me supplit-elle en faisant une moue triste
Elle s'approche et me prend dans ses bras. Elle me berce lentement en passant une main dans mes cheveux.
- J'ai eu peur que tu m'oublies et qu'on se revoit plus jamais. Avoue-je dans un sanglot
Elle recule un peu et me fait m'assoir sur l'escalier. Elle posa ma tête sur son épaule et prend ma main. Elle caresse mes phalenges de son pouce. J'ai vraiment l'impression d'être un gamin.
- Tu partiras jamais Lili, hein?
- Non Bill.
Me chuchote-t-elle en déposant un baiser su ma tempe. J'ai lu ton mot Bill...
- Ah...
- Tu crois que ça m'irait bien un gros ventre?
Demanda-t-elle en riant"
J'essuye mes larmes et me redresse un peu. Je me tourne vers elle et prend son visage entre mes mains. Elle ferme les yeux et j'embrasse ses paupières, son front, ses joues, sa machoire. Puis, j'hésite. Finalement je prends mon courage à douze mains et pose mes lèvres sur les siennes. Je la sens sourire et je ferme les yeux aussi. J'exerce juste une faible pression et me détache d'elle. Avant de refaire la même chose. J'ouvre les yeux et elle se peletonne contre moi. Gustav arrive aussi vite que la lumière et nous prend en photo avant de rerentrer. Nous rions de cette courte intrusion. Puis, c'est les trois qui se ramènent et commencent à siffler, applaudire. De vrais dingues! Lili se cache dans mon cou pour rougir à sa guise et je lève les yeux au cile, exaspéré. Nous nous le vons et entrons dans l'appartement avec les autres. Je me retourne pour observer l'escalier. Là où tout a commencé, là où tout continura, Je referme la porte,
L'amour, ce n'est pas comme dans les films. Où l'on rencontre une belle inconnue et dont on tombe littéralement amoureux. Non. L'amour se construit de jour en jour. L'amour se cache un peu partout. Au détour d'une rue, à n'importe quel endroit, à n'importe quel moment. L'amour, il vient à nous parfois. Comme le plus précieux des cadeaux. Il nait pour certains, sur un simple palier d'immeuble. L'amour est surprenant, il nous tombe sur le coin du nez et provoque toutes sortes de sensations bizarres. L'amour, ce n'est pas nous qui allons le chercher, c'est lui qui nous trouve. Et il ne vient pas souvent. Alors, lorsqu'il est là, laissons le nous envahir. N'ayont pas peur d'aimer. L'amour c'est dur. C'est ce qui rend à la fois le plus heureux et le plus malheureux. L'amour, le vrai, il ne s'oublie pas. Il se vit. L'amour, c'est l'une de ces choses qui font parti de ce que l'on appelle la vie.




# Posté le jeudi 19 juin 2008 11:06

Modifié le vendredi 20 juin 2008 16:47

Fin. End. Ende. Fine.

Fin. End. Ende. Fine.
Je voudrais vous dire merci. Merci de m'avoir suivie pendant ces presque huit mois. Merci pour tous vos commentaires qui m'ont plus touchée les uns que les autres. Merci pour votre patience et tous vos compliments. Merci de m'avoir soutenue et encouragée. Parce que vous devez savoir que sans vous, cette fin n'aurait peut être jamais été achevée. Je suis du genre à faire tout dans l'imédiat. Les grands projets c'était pas trop mon truc et je laisse vite tomber quelque chose. Alors, si vous n'aviez pas été là, je n'aurais surement pas eu le courage d'aller jusqu'au bout de cette histoire.
Tout ça me tenait vraiment à coeur. Le personnage de Lili existait depuis longtemps dans ma tête et je me retrouve, des fois, dans son caractère. Cette histoire, n'est un inspirée ni d'un fait réel ou d'un livre (ou autre). Elle vient de moi. Juste de moi. et je peux vous dire que pour la première fois, je suis vraiment fière de ce que j'ai fait. Vous savez, je crois que le sentiment de savoir que l'on fait rêver des gens, c'est quelque chose de fabuleux et de sacré. Plus tard, si j'en ai l'opportunité, j'aimerais écrire des romans. Des tonnes de romans et continuer à faire rêver les gens et les émouvoir. Parce que c'est un important l'imagination...
Cette fiction, c'était huit mois d'écriture, 72 pages d'open office, près de onze mille visitesn presque deux mille commentaires, des rires, des larmes, du partage. Je suis heureuse d'avoir pu partager cela avec vous. Et je voudrais encore vous dire un grand merci. Aussi, si vous le voulez bien, j'aimerais que chacune d'entre vous laisse un commentaire. Toutes, vraiment toutes. Même celles qui n'en ont jamais laissé. Car je sais qu'il y en a. Je voudrais que vous me laissiez vos impressions générales sur cette fiction.
Il y aura d'aures fictions. Soyez-en certaines. Et j'aimerais vous y retrouver. Elle arrivera dans peu de temps je pense. J'ai besoin de souffler d'abord. Parce que cette année fut un peu laborieuse et riche en émotions en tout genre pour moi. Si vous voulez être prévenu, laissez un commentaire sur l'article "Apartée", pour celles et ceux qui ne l'ont pas fait. Et s'il y a des garçons qui ont suivis cette fiction, ce qui me flaterait beaucoup, j'aimerais que vous laissiez également un commentaire.
Merci. Merci vraiment du fond du coeur. Et attendant la prochaine fiction, ceux qui voudraient me suivre de près ou de loin, voici mon blog. Vous pouvez me laisser des commentaires, j'en serais ravie. Voilà. Je crois que c'est tout...



Pauline



Edit:


Nouvelle fiction.
Nouvelle fiction.
Nouvelle fiction.
Nouvelle fiction.
Nouvelle fiction.

# Posté le jeudi 19 juin 2008 11:15

Modifié le samedi 12 juillet 2008 07:32